L’alternance réduit le chômage des jeunes, le rapport parlementaire de 2021 le confirme

En septembre 2021, un rapport de l’Assemblée Nationale a désigné l’alternance comme l’un des moyens efficaces de lutter contre le chômage des jeunes en France. Le constat compte : il fait d’un dispositif de formation un outil de politique de l’emploi.
Le mécanisme est simple à décrire. Pendant sa formation, le jeune alterne les périodes en centre ou en établissement et les périodes en entreprise. Il acquiert donc, avant même le diplôme, une expérience professionnelle réelle, des gestes de métier, des réflexes d’équipe et un premier réseau. À la sortie, il ne se présente pas devant un recruteur avec un simple diplôme, mais avec une ou plusieurs années de pratique. Pour l’employeur, le risque d’embauche diminue : il a déjà vu la personne travailler.
Le sujet a ensuite pris une dimension politique. Le 16 novembre 2022, le gouvernement français a annoncé un renforcement des dispositifs d’alternance, dans le cadre de la réforme des retraites. Le rapprochement surprend un peu. Mais les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus de jeunes en emploi tôt, ça fait plus de cotisants et des comptes sociaux moins tendus. Du coup, un outil d’insertion sert aussi à financer la protection sociale.
Si vous êtes jeune ou parent, retenez ceci. Un dispositif soutenu par les pouvoirs publics, évalué par le Parlement et appelé à se développer vaut la peine d’être regardé de près avant de choisir sa voie. Les Échos, par exemple, suit ces évolutions du marché de la formation et de l’emploi. Les Échos couvre le sujet régulièrement.
Quel contrat choisir entre apprentissage et professionnalisation ?
Deux contrats structurent l’alternance en France. Le rapport de 2021 présente l’alternance comme un moyen efficace de réduire le chômage des jeunes : encore faut-il choisir le contrat adapté à votre profil. Les repères ci-dessous sont des ordres de grandeur ; vérifiez les montants en vigueur sur le site officiel du service public ou auprès de votre centre de formation.
Pour aller plus loin : Filières d’études en éducation : choisir son cursus.
| Critère | Contrat d’apprentissage | Contrat de professionnalisation |
|---|---|---|
| Public visé | Jeunes de 16 à 29 ans révolus (cas particuliers au-delà) | Jeunes de 16 à 25 ans et demandeurs d’emploi de 26 ans et plus |
| Diplôme visé | Diplôme ou titre inscrit au RNCP, du CAP au niveau ingénieur | Diplôme, titre professionnel ou certificat de qualification professionnelle |
| Durée | De 6 mois à 3 ans en général, selon le diplôme | De 6 à 12 mois en général, jusqu’à 24 mois selon les cas |
| Rémunération | Pourcentage du SMIC selon l’âge et l’année de formation | Pourcentage du SMIC selon l’âge et le niveau de qualification |
| Employeur | Entreprises privées, secteur public non industriel et commercial | Entreprises du secteur privé soumises à cotisation formation |
| Financement | Prise en charge par l’OPCO de l’entreprise, aides à l’embauche | Prise en charge par l’OPCO selon des forfaits de branche |
Dans les deux cas, ce sont les OPCO (opérateurs de compétences) qui financent tout ou partie de la formation, ce qui ne coûte rien à l’alternant. Retenez une règle simple : l’apprentissage convient aux parcours diplômants longs, la professionnalisation aux reconversions et aux qualifications courtes.
Trouver une entreprise d’accueil, la démarche qui fait échouer la moitié des candidats

Beaucoup de candidats obtiennent une place en centre de formation, puis tournent en rond sans employeur. C’est l’étape la plus dure. Elle demande le même travail qu’une recherche d’emploi classique. Pistes à mener en parallèle :
- Candidature spontanée: ciblez des entreprises de votre bassin d’emploi, adressez-vous à un interlocuteur nommé plutôt qu’à une adresse générique.
- Plateformes d’offres: consultez les portails publics dédiés à l’alternance et les sites d’emploi généralistes et créez des alertes.
- Salons et forums: ils permettent un premier contact direct, souvent suivi d’un entretien dans la semaine.
- Réseau: famille, anciens élèves, maîtres de stage, voisins. Beaucoup de contrats se concluent par recommandation.
- Centres de formation d’apprentis: beaucoup disposent d’un service de mise en relation avec des entreprises partenaires.
Conseil dossier : un CV d’une page, une lettre qui cite précisément l’activité de l’entreprise et le diplôme préparé et un message court de relance au bout de dix jours. Erreurs fréquentes : lettre identique envoyée à tous, fautes d’orthographe, absence de précision sur le rythme d’alternance, candidature tardive (commencez dès le printemps pour une rentrée en septembre).
Le renforcement annoncé le 16 novembre 2022 laisse espérer davantage de places ouvertes. Il ne dispense pas d’une candidature soignée : plus d’offres signifie aussi plus de candidats bien préparés.
Alternance et pédagogie : la formation en entreprise change-t-elle vraiment le rapport au savoir ?
Oui, pour une raison simple : le savoir sert tout de suite. Une notion de gestion, de chimie ou de droit vue le lundi en cours se retrouve confrontée à un cas réel le mardi en entreprise. On retient mieux quand on applique. Les matières jugées abstraites reprennent du sens et les compétences se vérifient devant un tuteur qui voit le travail réel.
Dans la même rubrique : Métiers de la formation professionnelle : carrières porteurs 2026.
Le constat parlementaire de septembre 2021 sur l’efficacité de l’alternance pour l’insertion s’appuie en partie sur cette logique : on apprend un métier en l’exerçant. Les deux côtés y gagnent.
Pour l’apprenant :
- une rémunération et une première expérience valorisable sur le CV ;
- une motivation souvent renforcée par la responsabilité confiée ;
- un réseau professionnel construit avant la fin des études ;
- des compétences comportementales (ponctualité, communication, travail en équipe) acquises sur le terrain.
Pour l’employeur :
- un futur collaborateur formé à ses méthodes et à sa culture ;
- un recrutement moins risqué, après une période d’observation réelle ;
- un regard neuf sur ses pratiques, apporté par les contenus du centre de formation ;
- des aides financières, selon les dispositifs en vigueur.
Reste une condition : la qualité du tuteur. Sans accompagnement réel, l’alternant risque d’être cantonné à des tâches sans lien avec son diplôme. Posez la question du tutorat dès l’entretien.
Les questions que se posent les familles et les jeunes avant de se lancer
Peut-on être rémunéré dès 16 ans ?
Oui. L’apprentissage est ouvert dès 16 ans et le salaire est calculé en pourcentage du SMIC selon l’âge et l’année de formation. Les pourcentages exacts évoluent avec les textes : consultez le site du service public ou demandez le calcul à votre centre de formation avant de signer.
Voir également : Alternance : comment trouver une entreprise qui vous accueille.
Peut-on changer d’employeur en cours de contrat ?
C’est possible, mais encadré. Le contrat peut être rompu d’un commun accord ou, au cours des 45 premiers jours en entreprise, à l’initiative de l’une ou l’autre partie. Ensuite, la rupture suit des règles précises (médiation, motifs reconnus). En cas de difficulté, parlez-en d’abord à votre centre de formation, qui peut aider à retrouver une entreprise pour poursuivre le cursus.
Comment articuler alternance et études ?
Le rythme (par exemple une semaine en cours, une semaine en entreprise, ou deux jours et trois jours) est fixé par le centre de formation. Le temps en centre fait partie du temps de travail rémunéré. Le rapport de 2021 et l’annonce du 16 novembre 2022 confirment que les pouvoirs publics veulent consolider cette voie ; vérifiez toutefois les dispositifs d’aide en vigueur au moment de votre inscription.
L’alternance doit devenir la voie principale de formation et je le défends
Je le dis franchement : l’alternance mérite autant de considération que la voie scolaire classique. Le rapport de l’Assemblée Nationale de septembre 2021 la range parmi les moyens efficaces de lutter contre le chômage des jeunes. Le gouvernement a, le 16 novembre 2022, annoncé vouloir la renforcer. Quand le Parlement évalue et que le gouvernement décide dans le même sens, la traiter comme une filière de rattrapage ne tient plus.
Le préjugé tenace voudrait que l’on « choisisse » l’alternance faute de mieux. Il faudrait plutôt considérer l’inverse. Un jeune qui sort avec un diplôme, un salaire pendant ses études et une expérience a une vraie longueur d’avance. Cette position a pourtant des limites que nous assumons. L’accès reste inégal selon les territoires : dans certaines zones, les entreprises d’accueil sont rares. Il l’est aussi selon les secteurs : décrocher un contrat dans la banque ou l’aéronautique est plus difficile que dans d’autres métiers. Et tout dépend du bon vouloir des employeurs, qui peuvent ne pas jouer le jeu.
Ces défauts se corrigent, ils ne justifient pas d’abandonner la voie : accompagnement des candidats sans réseau, contrôle de la qualité du tutorat, appui aux petites entreprises. Ma conviction : la vraie question n’est pas de savoir si l’alternance est une bonne option, mais pourquoi elle n’est pas encore ouverte à tous ceux qui la veulent.
