Formation continue des enseignants : le plan de l’éducation nationale

Formation continue des enseignants : le plan de l'éducation nationale
La formation continue des enseignants est essentielle pour garantir une éducation de qualité. Explorez le nouveau plan de l'éducation nationale et ses impacts sur la profession. Un enjeu crucial pour l'avenir des élèves et des enseignants.

Le budget de la formation continue a bondi de 25% en 2023-2024

Formation continue pour les professionnels de léducation

En janvier 2023, le Ministère de l’Éducation nationale a annoncé une hausse de 25% du budget consacré à la formation continue des enseignants pour l’année scolaire 2023-2024. C’est le chiffre à retenir et il faut le lire avec précision : il s’agit d’une enveloppe en hausse, pas d’un droit nouveau ni d’une obligation supplémentaire.

Concrètement, cette rallonge permet aux établissements et des académies à financer des stages, des remplacements pendant les absences de formation et des ressources numériques. Pour un enseignant, elle se traduit surtout par une offre plus fournie et, en théorie, moins de refus faute de crédits. Pour un chef d’établissement, elle desserre un peu la contrainte au moment d’arbitrer entre plusieurs demandes.

Pourquoi maintenant ? Le contexte est connu : les programmes changent, le numérique prend de la place en classe et le métier doit redevenir attractif. Les rapports syndicaux, dont celui publié par l’UNSA Éducation en 2022 sur la formation continue, pointaient depuis un moment un accès inégal aux stages selon les académies et les disciplines. La hausse de 25% répond à ce constat, sans le régler à elle seule.

Attention toutefois : un budget plus élevé ne fait pas mécaniquement partir plus d’enseignants en formation, ni ne rend les contenus plus adaptés. L’enjeu se joue dans la répartition entre académies et dans la façon dont l’argent atteint réellement les enseignants. Nous y revenons plus bas, avec les démarches à connaître pour en bénéficier.

Une plateforme nationale lancée le 15 août 2023 : que propose-t-elle vraiment ?

Le 15 août 2023, le gouvernement a lancé une plateforme de formation continue dédiée aux enseignants sur le site du Ministère de l’Éducation nationale. Le principe est simple : un seul point d’entrée pour consulter l’offre, s’inscrire et suivre des parcours, sans passer par dix portails académiques différents.

Le fonctionnement repose sur un accès authentifié avec ses identifiants professionnels, puis une navigation par thématique ou par discipline. Les parcours alternent contenus à suivre à son rythme et temps d’échange selon les modules. Les intitulés précis et les durées varient et nous ne détaillons pas de chiffres que le ministère n’a pas publiés. À titre indicatif, les modules typiques d’un tel dispositif couvrent :

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  • l’intégration du numérique dans les pratiques de classe
  • la didactique de la discipline enseignée
  • la gestion de l’hétérogénéité et l’accompagnement des élèves à besoins particuliers
  • l’évaluation des élèves et le suivi des acquis
  • la prévention du harcèlement et la gestion du climat scolaire

Un dispositif centralisé a des limites. Un catalogue national reste généraliste : il s’adapte mal aux réalités d’un établissement donné, d’un public d’élèves ou d’un projet d’équipe. Il suppose aussi un temps disponible que l’emploi du temps ne ménage pas toujours. Et la qualité perçue dépend de la capacité du site à rester à jour. C’est une base utile, mais elle ne répond pas à tous les besoins.

Enseigner en 2030 : le dispositif parisien lancé le 1er septembre 2023

Formation continue pour les professionnels de léducation - illustration

Le 1er septembre 2023, le rectorat de l’académie de Paris a mis en place un dispositif de formation continue en ligne pour les enseignants, intitulé « Enseigner en 2030 ». Il intervient seulement deux semaines et demie après la plateforme nationale, ce qui n’est pas anodin : l’échelon académique choisit d’occuper le terrain en parallèle, plutôt que d’attendre.

Son intitulé indique l’orientation. « Enseigner en 2030 » vise à préparer les équipes aux évolutions attendues du métier, avec en toile de fond le numérique et l’exploration de pédagogies nouvelles. Le public visé est d’abord celui de l’académie de Paris, ce qui permet une proximité avec les conditions d’exercice locales : établissements urbains, public scolaire diversifié, partenariats institutionnels de la capitale.

On comprend mieux sa place en la comparant à la plateforme nationale : deux niveaux distincts. La plateforme du ministère fournit un socle commun, valable partout. Le dispositif parisien, lui, s’inscrit dans une logique de projection et d’accompagnement local. Les deux ne se concurrencent pas frontalement, mais un enseignant parisien peut légitimement hésiter sur l’ordre à donner à ses inscriptions, d’autant que son temps de formation n’est pas extensible.

Nous ne disposons pas de chiffres publiés sur le nombre de modules ou la durée exacte des parcours. Mieux vaut donc se rapprocher du rectorat pour obtenir le calendrier et les conditions d’accès à jour.

Plateforme nationale ou dispositif académique : lequel choisir ?

Les deux offres ont été lancées à moins de trois semaines d’intervalle : le 15 août 2023 pour la plateforme nationale, le 1er septembre 2023 pour « Enseigner en 2030 ». Le tableau ci-dessous est une grille de lecture qualitative et non un classement officiel : les notes sur 5 sont notre appréciation éditoriale, à partir de la nature de chaque dispositif.

Pour aller plus loin : Formation et compétences : booster sa carrière.

Critère Plateforme nationale « Enseigner en 2030 » (Paris)
Accès 4/5 – ouvert à l’ensemble des enseignants via le site du ministère 3/5 – pensé pour l’académie de Paris
Gratuité 5/5 – offre institutionnelle, sans frais pour l’enseignant 5/5 – dispositif rectoral, sans frais pour l’enseignant
Durée et souplesse des parcours 4/5 – rythme libre, catalogue large 3/5 – format plus cadré, à confirmer auprès du rectorat
Reconnaissance 3/5 – dépend de l’usage qu’en fait l’académie 4/5 – lisible dans le plan de formation local
Accompagnement 2/5 – plutôt en autonomie 4/5 – proximité avec les équipes académiques
Public Tous niveaux et disciplines Enseignants parisiens, enjeux de prospective

Notre avis : si vous exercez à Paris, suivre les deux n’a rien d’absurde, en commençant par le dispositif local pour l’accompagnement. Hors de Paris, la plateforme nationale reste votre porte d’entrée naturelle.

Comment financer et organiser sa formation sans sacrifier ses cours

La hausse de 25% du budget de formation continue ne vous revient pas automatiquement : elle passe par les circuits habituels. Votre démarche commence généralement par un échange avec votre chef d’établissement, puis une demande ou une inscription auprès du rectorat via le plan académique de formation. Rapprochez-vous de votre académie pour connaître les dates de campagne et les modalités exactes, qui varient d’un territoire à l’autre.

Le vrai problème, c’est le temps. Une formation en ligne passe souvent mieux qu’un stage en journée complète, mais elle demande de la discipline et de la visibilité sur votre emploi du temps. Négociez en amont des créneaux compatibles avec vos heures de cours, plutôt que de bricoler après coup.

Conseil pratique : 4 astuces pour planifier votre formation en ligne

  • Parlez-en à votre direction dès la rentrée, avant que l’emploi du temps ne soit figé.
  • Réservez un créneau fixe dans la semaine, par exemple deux heures le même jour, plutôt que des plages éparses.
  • Choisissez un module court en premier pour tester le format avant de vous engager sur un parcours long.
  • Gardez une trace de ce que vous avez suivi : cela servira pour l’entretien de carrière et les demandes futures.

Faut-il vraiment se former en ligne pour enseigner en 2030 ?

La formation en ligne remplace-t-elle les formations en présentiel ?

Non. La plateforme nationale lancée le 15 août 2023 et le dispositif « Enseigner en 2030 » du 1er septembre 2023 complètent l’offre existante, ils ne la suppriment pas. Les stages en présentiel gardent leur intérêt pour les échanges de pratiques et le travail en équipe.

Dans la même rubrique : Formation continue : booster votre carrière.

Le dispositif « Enseigner en 2030 » est-il obligatoire ?

Nous n’avons pas trouvé d’élément indiquant un caractère obligatoire pour ce dispositif, mis en place par le rectorat de Paris. Vérifiez auprès de votre académie : les conditions peuvent évoluer et un dispositif peut être fortement recommandé sans être imposé.

Comment faire valider ses acquis ?

La reconnaissance dépend de l’académie et du type de parcours. Conservez vos attestations de suivi et mentionnez-les lors de votre entretien professionnel. Le budget en hausse annoncé en janvier 2023 ne change pas, à lui seul, les règles de validation.

Par où commencer cette année ?

Repérez dans la plateforme lancée en août 2023 un module lié à un besoin précis de votre classe, puis, si vous êtes à Paris, regardez ce que « Enseigner en 2030 » ajoute depuis septembre 2023.

La formation continue doit devenir une obligation, pas une option

Notre position est claire : malgré les moyens accrus – un budget en hausse de 25%, une plateforme nationale, un dispositif parisien -, la formation reste trop dépendante de la motivation individuelle. Un enseignant volontaire trouvera toujours un module. Un enseignant débordé, isolé ou simplement découragé passera à côté et personne ne s’en apercevra avant longtemps.

Multiplier les offres sans changer les règles, c’est comme rénover une bibliothèque en gardant la porte fermée. Trois pistes nous semblent concrètes et réalistes :

  • Un temps de formation inscrit dans le service: des heures identifiées, protégées, pas rognées sur les soirées ou les week-ends.
  • Une évaluation des compétences: non pas punitive, mais pour orienter chacun vers les parcours utiles à son contexte.
  • Une reconnaissance de carrière: que les formations suivies pèsent dans les perspectives d’évolution et les mobilités.

Sans cela, on risque de financer des offres que seuls les plus engagés utilisent et de creuser l’écart avec les autres. La question n’est pas de contraindre pour contraindre, mais de rendre la montée en compétences normale, attendue et soutenue. Les outils existent depuis 2023. Il manque un cadre qui fasse de la formation un droit réellement exercé et pas une option laissée à la bonne volonté de chacun.